Discours de Nadia Kirat en séance publique du 21 février 2020 sur les changements dans l’action sociale polyvalente : 1er accueil et prise en charge du public par les travailleurs sociaux au sein du Département.

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Ce qui nous interroge, c’est d’abord la qualité de l’accueil suite à ces changements : dorénavant, lors de la première mise en relation entre l’usager et les services sociaux, on sépare l’accueil de l’accompagnement. Lorsque vous aviez présenté le premier rapport cadre en 2018, vous aviez mis en avant la volonté d’améliorer les conditions de travail dans la polyvalence de secteur mais la qualité d’accueil qui découle de cette priorisation n’a pas vraiment été discutée.

> En effet, on remplace un modèle qui permettait à la fois un accueil inconditionnel et en même temps une écoute, un accompagnement et ainsi un décryptage des demandes sociales spécifiques par un modèle de premier accueil qui correspond en fait à un secrétariat chargé d’orienter les usagers.

> Or, on sait déjà que renvoyer un usager vers un autre travailleur social ou vers une autre administration produit du non recours. On a trop souvent des personnes qui renoncent à effectuer des démarches de maintien ou d’accès aux droits face à la multiplication des acteurs et des dispositifs. C’est ce qu’on appelle l’effet ping-pong. D’autant que l’augmentation des démarches numériques accentue ce phénomène de non recours. On ne peut donc pas se satisfaire d’une priorisation qui prend le risque de produire du non recours, de ne pas identifier avec attention les besoins des publics reçus, de restreindre l’accès aux travailleurs sociaux et qui finalement ne remplira qu’en partie sa mission d’accueil inconditionnel.

Le second point qui nous interroge concerne les missions des secrétaires médico-sociale. Avec la priorisation, il y a donc une restriction de leur champ d’intervention et une spécialisation de leur mission. Par ailleurs, le rapport ne précise rien sur leur formation, leur rémunération ou leur charge de travail. Du coup, la mise en œuvre reste floue, d’autant qu’elle se fait à moyens constants, alors qu’il faudrait plus de ressources, notamment pour former les secrétaires médicaux sociales à ce type d’accueil.

Autre point qui nous interroge : les appels à projet. Pourquoi choisir d’autres démarches pour des publics spécifiques (sans droit ni titre, dépendance, logement), vise-t-on des fondations privées pour porter les projets ?

Pour ce qui est du partenariat avec les autres administrations, il est nécessaire de renforcer cette fonction de chef de file, qui est celle du Département.