Aéroport Grenoble-Alpes-Isère : avis de zone de turbulence

Publié le dans Positions-Transports & routes, Presse

Le 15 janvier 2019, le groupe RC-S&E publiait une analyse critique de la gestion de l’aéroport de Grenoble Alpes-Isère. Y étaient dénoncés le gaspillage d’argent public, la concurrence stérile entre territoires, un recul dans le combat contre le dérèglement climatique…
Les réactions qui ont suivi ont été un festival de contre-vérités et de justifications
alambiquées, qui sont l’illustration des dysfonctionnements constatés.
Dans le Dauphiné Libéré du 16 janvier, le Vice-Président du Département avançait le chiffre de 150 millions d’euros dépensés en Isère par les touristes arrivés par avion. Sachant que l’aéroport voit passer environ 50 000 touristes allant en Isère, cette estimation parait totalement irréaliste : 3000€ dépensés par touriste, soit 6 fois plus que la somme communément admise (voir cet article) !
Dans le Dauphiné Libéré du 18 janvier, Pierre Balme, maire des Deux Alpes, justifiait ce soutien par le souhait de « diminuer le recours à la voiture individuelle ». Alors que le transport aérien représentera près de 10% des émissions en 2050, le présenter comme une alternative à la voiture individuelle est un crime contre le climat.
Enfin, le 20 janvier, ce sont 7 parlementaires isérois LREM qui liaient leur soutien au projet de Center Parcs -à la légalité contestée- à une façon de consolider l’activité de l’aéroport.
Cette position est d’un cynisme indécent quand on le replace dans le contexte des annonces gouvernementales (« make our planet great again ») et de l’urgence sociale criante (les aides au transport aérien profitent d’abord aux riches).
Au lieu de justifier l’injustifiable, Département et majorité gouvernementale feraient mieux de consacrer leurs énergies et les deniers publics à défendre des transports sobres pour tous, pour tout le territoire : renforcement des lignes de bus express, sauvegarde de la ligne Grenoble-Gap, remise en route des trains de nuit.