Centre de santé – AGECSA

Publié le dans Positions, Positions-Action sociale

Centre de santé – AGECSA

On ne touche pas à la santé !

La majorité départementale a annoncé à l’AGECSA, association qui gère les cinq centres de santé grenoblois à Arlequin, Vieux Temple, Abbaye, Mistral Eaux Claires et Géants, une baisse très importante de sa subvention habituellement de 525 000 € pour l’année 2017.

Cette décision est incompréhensible : les centres de santé constituent un équipement essentiel pour l’accès au soin et la santé dans des quartiers populaires et auprès des populations les plus fragiles socialement et économiquement. Une baisse de subvention revient à les fragiliser et à compromettre réellement l’accès au soin pour toutes celles et ceux qui n’ont comme seul médecin de proximité ces professionnels.

Qu’est-ce qui justifie une telle baisse de la part du Département ? Manifestement, rien de valable et de rationnel.

En effet, les centres de santé, dont l’évaluation régulière permet de mesurer la valeur et la performance de leur activité et d’affirmer ainsi que l’argent public est employé à bon escient, permettent, en plus du tiers payant que certains généralistes refusent, d’offrir une médecine de qualité et des offres de soin adaptés aux patients (médecine générale, pédiatrie, psychiatrie, …).

Par ailleurs, la présence de ces centres dans des quartiers, où l’on ne trouve pas ou plus de médecin, est indispensable pour permettre que chacun.e en Isère puisse se soigner dans des conditions acceptables et éviter notamment des déplacements trop longs ou d’avancer de l’argent que l’on n’a pas.

En se désengageant, le Département contribue à accentuer les difficultés d’une population déjà bien affectée par des problèmes sociaux et économiques : la majorité ne peut pas mettre en danger l’accès au soin pour les populations les plus fragiles.

Il est indispensable que le Département contribue à faire en sorte que les plus démunis accèdent aux soins et puissent préserver leur santé : c’est la vocation même de cette institution que d’aider les plus fragiles. Au-delà d’une question stricte de compétence, il s’agit d’une responsabilité politique de premier ordre.

La majorité de droite a annoncé, lors du vote du budget primitif en décembre 2016, sa volonté de lutter contre les déserts médicaux. Précisément, les centres de santé se trouvent dans des quartiers dépourvus de médecins, et en les soutenant, elle applique la politique qu’elle s’est engagée à mener. Le Département aide financièrement, et à juste titre, à l’installation de médecins libéraux dans des zones où le nombre de médecins par habitant est insuffisant. Soutenir l’AGECSA c’est aussi tenir cet engagement pour arriver à ses objectifs.

Le respect de l’équité territoriale c’est une juste répartition de l’argent public en faveur de tous les Isérois, et les quartiers populaires du département ne sont pas moins isérois que les autres.

Une prochaine rencontre, prévue le 12 mai, aura lieu entre l’AGECSA et le Département : c’est de l’intérêt de tous les Isérois dont il s’agit ici autour d’une question cruciale, une question de santé, et nous ne doutons pas de la capacité de cette majorité à en tenir compte.