Discours budget prévisionnel 2020 de Véronique Vermorel

Publié le dans Accueil, Sessions publiques

Nous sommes d’accord ! Nous l’avions dit le mois dernier au DOB; vous l’avez concédé hier dans la presse, c’est monotone.. Ce budget 2020 est une répétition, il est très ressemblant à celui de l’année passée qui était lui aussi presque le même que l’année d’avant.

Pourtant, le monde autour de nous a changé depuis deux ans : la prise de conscience des enjeux écologiques est bien présente et la situation sociale des Isérois ne s’est pas améliorée. Le mois dernier, au moment du débat d’orientations budgétaires, nous évoquions les mouvements sociaux qui s’élevaient (contexte gilets jaunes, crise à l’hôpital public, grève des transports,…) ; nous constatons aujourd’hui qu’ils s’amplifient autour de la réforme contestée des retraites et que 2020 nous prépare à nouveau à une précarisation des demandeurs d’emploi avec la réforme de l’assurance chômage. M. Gimel l’a très justement évoqué.

Encore une fois l’action sociale est le parent pauvre de votre budget et ne vous permettra pas de répondre aux besoins :

  1. D’abord avec votre nouveau schéma enfance et famille
  2. Nouveau règlement du Fond Social du Logement (FSL) qui exclue les travailleurs sociaux et réduit la prise en charge à un simple guichet d’aides
  3. l’Appel à projet Mineurs Non Accompagnés (MNA) qui fait flop,
  4. Le Plan Départemental d’Insertion vers l’Emploi (PDIe) qui se maintient cette année, mais comme l’a dit ma collègue Amandine Germain, nous n’oublions pas qu’il avait été drastiquement réduit.

Ensuite, et encore une fois, vous mettez le paquet sur des compétences qui ne sont pas centrales :

Citons Isère Attractivité qui remporte le pactole, mon collègue Olivier Bertrand a pu s’exprimer sur ce sujet. La transformation de cette structure refait entrer l’économie par la fenêtre alors que la loi tente d’éviter l’effet millefeuille et a fléché cette compétence vers la Région

Les aides aux agriculteurs pour les dernières calamités sont essentiels mais elles sont seulement curatives. Si nous n’accompagnons pas à la conversion au bio, à l’émancipation vis-à-vis des produits phytosanitaires, et plus généralement à la capacité de notre agriculture à faire face aux bouleversements violents à venir,  non seulement nous condamnons une profession déjà à bout de souffle mais nous mettons à mal notre capacité à approcher une autonomie alimentaire.

Nous voilà revenus aux mêmes constats devant ce nouveau budget, construit décidément à l’envers.

Car il ne s’agit plus de courir après les changements rapides de notre société mais d’affronter les bouleversements écologiques en cours.

Agir aujourd’hui, ce n’est plus seulement colmater les brèches, compenser a minima les dégâts engendrés par notre mode de développement, c’est aussi adapter dans l’urgence notre département aux bouleversements en cours.

Un mot également sur l’ambiance générale de cette dernière séance de l’année et la teneur des débats, où les oppositions rural/urbain sur le sujet du SMAG ou de l’agriculture nous semblent contre-productifs. A ce titre, la référence aux bobos et leurs rooftop à carottes et importateur de quinoa bio du Perou remporte le pompon mais probablement nous n’avons pas le même humour…

Nous sommes tentés de répondre à M. Mulyk que, pour qu’il puisse savourer un bon steack, nous importons des milliers de tonnes de soja transgénique qui détruisent les forêts d’Amérique du Sud. Et ça ne nous fait pas rire.

Nous ne vivons pas dans une bulle, nous sommes connectés à une planète qui ne supporte plus notre mode de vie.

Nous sommes conscients que chaque acte compte et que chaque ligne de budget doit fait sa part. Ce n’est pas le cas de ce budget 2020, c’est pourquoi sans surprise, nous voterons contre.