Intervention de Nadia Kirat DM2 2017 : restitutions de budget dans l’action sociale inacceptables !

Publié le dans Actualités campagne

Chers collègues, vous préférez restituer des budgets plutôt que de les utiliser pour développer une politique qui permet d’accompagner les plus fragiles (grâce notamment à des dispositifs comme les chèques services, l’Allocation Jeunes Adultes, les chantiers éducatifs) ou de contribuer à développer les crèches.

Nous dénonçons ce choix et nous le dénonçons avec force, car il est stupéfiant de rendre des budgets alors que les besoins sont criants. Tous les indicateurs, toutes les études démontrent, en cette période de crise et de tension, la grande détresse que provoquent la pauvreté et la précarité, la fragilisation du tissu social, les difficultés pour les familles à se stabiliser, la marginalisation d’un certain nombre de jeunes, et notamment ceux qui viennent de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

Les difficultés de la réalité sociale, la pauvreté, l’isolement, le désespoir ; la violence du quotidien à laquelle est confronté un trop grand nombre de famille ne peuvent pas être masqués par les deux raisons principales que vous évoquez pour justifier que ces budgets soient restitués.

  • D’abord, vous prétendez que la lutte contre la fraude, que ce soit avec la mise en place des chèques d’accompagnement personnalisé (qui ont remplacé l’aide financière) ou avec la cellule de contrôle pour le RSA, contribuent à expliquer cette restitution. Selon vous, c’est parce qu’il y a moins de fraudeurs qu’il y a donc moins d’argent à dépenser. Or, la réalité montre bien que la part de ceux qui fraudent est infime, dérisoire par rapport à la part de ceux qui sont éligibles aux prestations sociales. Les fraudeurs aux prestations sociales, quelles qu’elles soient, ne représentent en réalité qu’une infime minorité. En revanche, les Isérois qui ont besoin d’être aidés, représentent eux, la plus grande part, et vous choisissez de ne pas répondre à ce plus grand nombre.
  • Ensuite, la deuxième raison réside dans les appels à projet que vous avez généralisés. Dans l’action sociale, cette méthode ne permet pas toujours de répondre aux demandes des associations ou des institutions. L’information est trop souvent confidentielle, les critères contraignants. Ainsi, peu de projets sont éligibles. Est-ce une volonté de votre part pour faire des économies par ce biais ? Manifestement oui si l’on prend l’exemple de l’appel à projet censé soutenir les Établissements de Jeunes Enfants (EAJE, crèches associatives et communales) mais qui ne fonctionne toujours pas depuis deux ans. Quand on veut faire des choses, on le fait savoir : et ce n’est pas ce que vous faites pour soutenir vraiment les crèches. Sur ce dossier, nous le disons depuis le début, votre politique en matière d’aide aux EAJE s’apparente plus à un effet d’annonce qu’à une vraie politique volontariste car quand on budgétise 3 millions € avec des critères trop restrictifs et que l’on en restitue plus de la moitié, c’est qu’il y a un problème sur le fond !

Finalement, vous retirez des moyens aux Isérois au lieu de renforcer des dispositifs dans un contexte que le gouvernement vient encore de fragiliser avec l’arrêt des contrats aidés, la baisse des APL, l’affaiblissement des salariés avec la réforme du Code du Travail, la baisse des crédits politiques de la Ville, en direction des territoires les plus pauvres (territoires ruraux et urbains). Au nom d’une prétendue égalité des territoires, vous opposez les Isérois les uns aux autres, en favorisant les uns au détriment des autres. Votre logique libérale vous met en porte à faux avec la mission du Département.