Les Isérois majoritairement favorables à un modèle vertueux en matière de déplacement

Publié le dans Positions, Positions-Transports & routes
  • Le contexte

Le Département de l’Isère a organisé en 2016 les « Rendez-vous de la Mobilité » pour débattre des conditions de déplacement en Isère. Outre trois réunions publiques à l’audience restreinte, OpinionWay a réalisé un sondage, qui a été partiellement dévoilé en juin 2016. Aujourd’hui, il ne reste de ces « Rendez-vous » qu’un bref communiqué de presse sur le site du Département (le retrouver ici).

Après une longue bataille juridique (CADA, tribunal administratif) pour obtenir l’intégralité du sondage (maintenant disponible ici!), nous constatons que le Département a fait de ce sondage une interprétation biaisée et partielle pour justifier sa politique de déplacement.

  • Le sondage : des questions biaisées et des réponses occultées

La plupart des questions posées sont fermées ou orientées par des assertions non justifiées. Ainsi, le réaménagement Rondeau/A480 est présenté comme permettant une fluidification (page 23) alors que cela n’est même pas encore prouvé pour le projet actuel. Ou bien, la réalisation d’une ligne LGV entre Grenoble et Lyon permettrait de rejoindre Lyon en 30mn (page 53) alors que cela est techniquement irréaliste. Dans ces conditions, les sondés ne peuvent que répondre positivement à ces propositions, même quand ils ignorent tout du projet comme cela est admis pour l’A480. Dans le cas du transport par câble (page 45), le sondage néglige l’attrait principal d’une telle solution (la possibilité de franchissement en milieu urbain dense).

En outre, le Département a passé sous silence la seule question ouverte (réponses spontanées), où les citoyens expriment leurs priorités pour « améliorer les conditions de déplacements dans l’aire urbaine grenobloise ». Le résultat est sans appel (page 46):

  • 52% des Isérois sont pour agir prioritairement au niveau des transports en commun, en augmentant la fréquence (23%) et en les développant (17%)…
  • Seulement 25% préconisent de réaliser des travaux sur les axes routiers (y compris 7% pour les aménagements cyclables) : 11% défendent des élargissements et 5% sont pour un nouveau contournement de Grenoble ou une Rocade Nord…

Le Département a également passé sous silence le souhait de 85% des Isérois de voir améliorée la desserte vers le Sud Isère, à un moment où la ligne de train du Trièves est fortement menacée.

Détourner à ce point les résultats d’un sondage pour n’en retenir que les éléments qui intéressent quelques élus accrochés à un dogme n’est pas digne des enjeux de déplacement et de santé publique.

  • Remettre à plat les politiques de mobilités du département

Sans donner trop d’importance à un sondage qui n’est qu’un élément de décision parmi d’autres, le groupe RC-S&E appelle à un débat renouvelé sur ces questions de mobilité, débat régulièrement escamoté par la majorité départementale (débat A480 de juin 2017 expédié par le Président en moins de 20mn, tout comme la délibération sur la stratégie ferroviaire, refus de discuter du vœu porté par les groupes RC-S&E et Communiste en octobre 2017).

Pourtant, certains projets (amélioration du TER Grenoble-Lyon, réaménagement mesuré de Rondeau/A480) peuvent déboucher sur un consensus au-delà des divergences partisanes. Il est aussi urgent d’entendre cette majorité d’Isérois plébiscitant les transports en commun, alors que les seules actions récentes sur le réseau TransIsère ont été des ajustements mineurs de ligne sans amélioration notable de l’offre.

Retrouvez l’intégralité du sondage ici : Sondage-Mobilité-Aire-urbaine-Grenoble-juin2016