Principe de réciprocité

Publié le dans Positions-Action sociale

Principe de réciprocité ? La question n’est pas de savoir si c’est juste ou non mais de garantir une sécurité matérielle pour tous.

Le 13 décembre 2018, pour la session du budget prévisionnel 2019, la majorité départementale a souhaité nous présenter une délibération mettant en avant le principe de réciprocité pour les allocataires RSA.

Discours de Nadia Kirat :

  • Nous nous étonnons de devoir prendre acte sur quelques actions choisies et illustrant le principe de réciprocité avec les allocataires du RSA et de nous demander à la fois d’approuver la démarche de réciprocité en Isère de manière générale (comme cela est écrit dans la délibération).
  • Que devons-nous approuver au juste ? Le principe de réciprocité en Isère pour l’ensemble des aides sociales ou juste pour le RSA ? Le principe de réciprocité pour lui-même ? Mme Puissat (ex vice-présidente à l’enfance et la famille) expliquait dans Isère Mag de mars 2016 que « Tout Isèrois qui perçoit des aides du Département sera sollicité pour apporter sa pierre à la société ». Et de citer les personnes aidées au titre du FSL ou de l’aide à l’enfance en difficulté.

Dans ce rapport, il n’est question que de réciprocité pour les allocataires RSA. Dans le rapport qui réécrit le règlement du FSL, vous précisez aussi,  introduire ce principe de réciprocité.

Mais à lire le règlement version 2018, on ne voit rien de nouveau par rapport au précédent où il était déjà question de mobiliser les ménages pour qu’ils s’engagent dans les démarches qu’ils doivent réaliser aux côtés des travailleurs sociaux qui les accompagnent.

On a donc du mal à comprendre le sens de ce rapport. Pour nous, il n’apporte pas grand-chose, à part de faire croire que le principe de réciprocité est l’alpha et l’oméga et qu’il permet une sortie des allocataires du dispositif RSA et un retour à l’emploi.

En réalité, sur ce rapport :

  • Nous partageons votre diagnostic sur les éléments positifs du concept de réciprocité : valorisation des compétences à travers le bénévolat, l’estime de soi, la sociabilisation et la possibilité que ce soit dans certain cas, mais pas pour tout le monde, un levier d’insertion sociale.
  • Nous notons, l’évolution de votre discours avec une meilleure prise en compte de l’individu en tant que personne fragile, en difficulté et soucieux de trouver sa voie par l’autonomie.

Oui cela va dans le bon sens…

Mais le vrai sujet n’est pas la réciprocité ou le RSA

Le vrai sujet est de s’interroger sur le sens de ces minimas sociaux ou de toutes ces aides sociales protéiformes, multiples, avec des critères d’éligibilité ou de maintien complexes. Ce qui induit un non recours inadmissible dans notre République de 2018. De cela, vous n’en parlez quasiment jamais ! Par contre, la réciprocité pour les plus démunis, alors oui, on vous entend beaucoup là-dessus.

Donc, plutôt que de prôner ce principe uniquement pour les personnes en grande difficulté, car il pourrait être élargi à d‘autres publics, vous devriez quand même vous questionner sur l’idée de prendre votre part en tant que collectivité dans l’expérimentation d’un revenu universel d’activité, faute d’être en d’accord avec le revenu universel d’existence.

La mise en place, dans un premier temps, d’un revenu unique minimum, conditionné à un plafond de ressources, serait un premier pas et une vraie réponse aux contestations actuelles que connait notre territoire.