Refonte de l’action sociale de polyvalence : vers un abandon du guichet unique ?

Publié le dans Actualités campagne

La majorité nous a présenté le 29 juin 2018 un rapport-cadre redéfinissant les missions des assistants du service social de la polyvalence. Si ce rapport a le mérite d’essayer d’apporter une réponse à une souffrance réelle au travail des 400 agents de l’action sociale, nous avons dénoncé une remise en cause de la raison d’être de la polyvalence de secteur.

  • Zoom sur la Polyvalence de secteur :

– Le législateur a voulu que « la polyvalence soit ce que n’est pas le service social spécialisé. » Jusqu’à présent, c’est l’accompagnement global par un seul référent social qui fait le succès en France de la prise en charge des personnes en difficulté. Il existe deux grands principes fondateurs de la polyvalence qui sont toujours d’actualité :

– laccueil de proximité pour toute la population et quel que soit son statut (âges, nationalités, etc.)

– la connaissance par l’assistant social de  » l’ensemble des problèmes sanitaires, sociaux, économiques  et psychologiques ainsi que les services spécialisés implantés. »

La plus-value de la polyvalence réside donc dans la capacité à réaliser une évaluation globale et un diagnostic social approfondi. Qui demain sera chargé de ce travail fondamental ?

 

  • Or, dans ce rapport le Département a décidé de « recentrer les activités des professionnels de l’action sociale polyvalente sur les demandes relevant de la compétence du Département ».

Cela risque clairement de pénaliser l’usager et d’être contre performant en matière de prévention sociale. Nous pensons donc que cette orientation accentuera très probablement le non recours aux droits. D’une part, certains usagers renonceront à effectuer des démarches d’accès ou de maintien de droits à cause de la démultiplication des acteurs et des dispositifs. On est à contretemps de ce que souhaitent les usagers du service public : UN GUICHET UNIQUE ! D’autre part, nous savons très bien que les autres acteurs institutionnels (Pôle emploi, CAF, collectivités etc…), CCAS et associations sociales, sont encore plus que le Département dans des contraintes budgétaires qui ne leur permettront pas de répondre à ses possibles nouvelles demandes du public.

 

  • Au contraire, nous aurions aimé plutôt voter un plan stratégique d’actions prenant en compte d’autres pistes de réflexions ne pénalisant pas les publics fragiles :

– Un vrai appui envers les managers des services sociaux de polyvalence ;

– la mise en place de formations par exemple sur comment résoudre la fracture numérique ;

– l’embauche surement de nouveaux personnels.