Sortie du Département du SMTC (SMMAG) : un mauvais coup porté aux usagers

Publié le dans Positions-Transports & routes

Le Syndicat Mixte des Transports en Commun (SMTC) de l’agglomération a été créé en 1973 par des élus qui avaient compris que la coopération entre collectivités était une démarche indispensable pour régler les problèmes de mobilité. C’est cette démarche visionnaire, qui nous permet d’avoir aujourd’hui sur la Métropole un des réseaux de transports collectifs les plus performants en France.

Déjà élargie avec succès en 2014 avec l’extension de la Métropole grenobloise, le SMTC a accueilli avec grand intérêt les souhaits exprimés par le Voironnais et du Grésivaudan pour le rejoindre dès 2020 dans un nouveau syndicat de type « SRU ». Le SMTC transformé en SMMAG (pour « Syndicat mixte des mobilités de l’agglomération grenobloise) a ainsi pour vocation à terme d’offrir des titres/abonnements de transports, de mieux coordonner les offres de transport public, de développer une politique cohérente de mobilité (covoiturage, stationnement, déplacements doux…). C’est un outil indispensable pour résorber la congestion automobile due aux déplacements quotidien domicile-travail et redonner du pouvoir d’achat aux Isérois.

Les 3 collectivités (Métro, Voironnais, Grésivaudan) ont voté à une immense majorité cette transformation (en cumulé : 211 voix pour, 25 abstentions et 3 contre). Cette décision est la preuve que l’intérêt des usagers permet de dépasser les clivages partisans.

Grâce à la récente loi d’orientation des mobilités (dite LOM), le département de l’Isère, acteur historique des mobilités, a toute légitimité à rester dans ce syndicat. Sa connaissance fine des territoires et la compétence (déléguée par la Région) sur les transports interurbains seront précieuses, notamment en préparation d’un futur élargissement aux territoires voisins (Trièves, Sud Grésivaudan, Chartreuse…). Au lieu de cela, en décembre 2019, le Président du Département a décidé unilatéralement d’attaquer en justice le principe même du Syndicat et conjointement de s’en désengager immédiatement. Cette décision est incompréhensible, alors que le Département a été un partenaire permanent de cette construction depuis le début et que jusqu’à l’été 2019, la co-construction menée sous la coordination de la Région se passait en bonne intelligence. Cette décision est surtout un monumental pied de nez adressé à tous les usagers qui attendent des élus qu’ils s’occupent de leurs problèmes au quotidien indépendamment de toute considération politicienne. Espérons que tout le monde revienne à la raison en 2020.