M. Barbier, l’urgence écologique vous oblige à changer de paradigme !

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Discours général DOB 2018

Comme tous les ans, disons-le franchement, il n’est pas aisé de s’exprimer sur les éléments que vous nous avez fournis dans ce rapport d’Orientation Budgétaire.

Beaucoup de ce qui est écrit dans ce DOB reste sur des généralités. Il faudra donc attendre le budget pour connaitre vos choix politiques et surtout la manière dont ils seront mis en œuvre.

Plus globalement, vos choix traduisent malheureusement un renoncement à accompagner notre département vers la transition écologique.

Par ailleurs, au regard de la situation financière saine du Département, nous pensons que vous exagérez quand vous continuez à vous plaindre d’un éventuel effet ciseau. Manifestement, il est assez bien atténué par les hausses des recettes fiscales. Concrètement, le faible niveau d’endettement ;  et notre capacité d’autofinancement rendu possible par une épargne nette conséquente, devrait nous obliger à investir massivement pour que notre territoire tende enfin vers un territoire durable et juste. Mais les anciens réflexes ont la vie dure…et votre logiciel idéologique n’est toujours pas à jour.

Votre aveuglement devient inquiétant. Notre groupe est dans l’opposition et notre rôle est de vous alerter. Nous nous faisons l’écho, ici dans cette assemblée, d’une société civile qui agit déjà à son niveau, d’une société qui globalement évolue heureusement beaucoup plus vite que vous. Nous vous incitons donc à écouter toutes ces voix.

Ecoutez Jacques Toubon, ancien ministre de Jacques Chirac , aujourd’hui défenseur des droits, il écrit dans un rapport récent : « La fraude aux prestations sociales représente, selon la Délégation nationale à la lutte contre la fraude (DNLF), 3 % du montant total de la fraude détectée en 2015 et concerne un faible nombre des bénéficiaires (par exemple, en 2016, la Caisse nationale d’allocations familiales estimait que la fraude a concerné 0,36 % de ses allocataires). ». Ce même Jacques Toubon pointe surtout une multiplication des mécanismes de contrôle, qui a pu, je cite, « entraîné certaines dérives dont les effets peuvent être dramatiques. ». Nous dénonçons évidemment toute fraude mais nous déplorons surtout que la lutte contre la fraude soit la pierre angulaire de tous vos discours.

Ecoutez ensuite les Isérois : dans votre sondage de juin 2016, 52% souhaitaient un développement des transports en commun, quand seulement 11% plaidaient pour des élargissements routiers : plutôt que quelques aménagements à la marge sur le réseau TransIsère et un investissement aveugle dans les projets routiers, le Département doit être un acteur innovant et volontariste d’un modèle multi-modal qui réduira la pollution, accompagnera la transition énergétique et résorbera les bouchons.

Ecoutez enfin et surtout les 15 000 scientifiques, auteurs d’un article unique en son genre, relayé par de nombreux médias et qu’on retrouve en une du journal Le Monde dans son édition du 14 novembre. Ces scientifiques du monde entier proposent une feuille de route claire et argumentée pour changer de paradigme, repenser nos modèles social, alimentaire, économique et sociétal et offrir un avenir soutenable à l’Humanité. Ecoutez-les !

Le rôle d’une collectivité est d’accompagner le changement, de l’impulser dans le sens de l’intérêt général. Cela peut passer par des actions en faveur de la rénovation énergétique et thermique, ou la diversification des énergies, bien plus créatrice d’emplois. Cela passe aussi par une action volontariste en faveur de la mutation vers une agriculture plus respectueuse de la terre et de la santé alimentaire, en orientant plus encore vos aides vers des projets agro environnementaux et climatique (PAEC). C’est aussi évidemment une autre politique pour la montagne qui sorte du tout neige, véritable impasse dans laquelle vous avancez tête baissée.

Pour conclure, nous vous invitons vraiment M. Le Président à écouter toutes ces voix, celles qui ne sont pas dans l’idéologie libérale mais qui nous rappelle une dernière fois, que d’ici quelques années, il sera trop tard !