Vote du budget 2015 : intervention finale par Véronique Vermorel

Publié le dans Sessions publiques

« Certains des arbitrages réalisés pour ce BP 2016 nous satisfont a priori, et nous rassurent sur les annonces faites à l’investiture : le soutien renforcé à la petite enfance, la politique transports avec notamment l’accord avec le SMTC, ou encore le budget culture qui est stabilisé après quelques années de baisse. Voilà pour les points positifs…

Néanmoins, le budget qui nous est présenté fait la part belle à des investissements d’un autre âge et c’est surtout son équilibre que nous contestons.

Votre plan de relance concerne certes des projets utiles, comme le Chambon, ou la rénovation des collèges, que nous soutenons, mais également dénote des choix orientés dans un sens : +42 % sur les routes au détriment d’autres lignes pour lesquels les dégâts vont être immédiats : l’action sociale notamment avec la baisse sur la prévention spécialisée (1 million d’euros, soit -11% là où les moyens sont déjà insuffisants), les missions locales (-50%) dont l’action participe à l’insertion des jeunes.

Vous touchez des secteurs dans lesquels
1/ vous sacrifiez immédiatement des emplois
2/ vous participez à l’abandon de territoires sur un terrain où la présence d’acteurs est fondamentale pour la cohésion sociale et dans un moment où l’on vient d’en payer les conséquences.

Orienter la relance économique dans un plan massif de rénovation thermique des bâtiments aurait des effets bénéfiques probablement plus importants car
1/ il bénéficierait à tous les foyers en soulageant la facture énergétique et en soutenant le pouvoir d’achat,
2/à tous les territoires, sans en favoriser certains au détriment d’autres,
3/ il contribuerait à soutenir et encourager l’innovation et le développement de filières porteuses dans ce domaine,
4/ il permettrait bien plus de soutenir l’emploi local par l’implication de plus petites entreprises que les seules majors du TP.

De plus, juste après la COP21, rien dans vos investissements ne garantit le respect d’engagements qui peuvent aller dans le sens des objectifs fixés par l’accord qui vient d’être pris ; c’est pourtant à chaque collectivité d’interroger sa responsabilité sociale et environnementale dans l’ensemble de ses choix politiques.

Le rapport de développement durable ne nous semble pas tout à fait répondre à l’objectif qu’il doit se fixer, à savoir : permettre une évaluation sur les choix réalisés par la collectivité et interroger sur l’impact des politiques menées sur l’environnement, mais également sur l’humain.

De manière générale, ce qui nous pose question, c’est la réflexion sur l’impact des choix que vous faites et leurs conséquences. Ce qui nous pose question également, c’est l’absence d’indicateurs qui puissent garantir que votre plan de relance aura bien les effets attendus.

Nous avons plus la sensation que, sur certains points, les dégâts seront immédiats pour des effets très incertains en termes de création d’emploi.

C’est pour cette raison que nous voterons contre ce budget.

Nous nous emploierons néanmoins, tout au long de l’année, à être utiles et constructifs dans les débats, pour soutenir ce qui nous paraît bon dans vos propositions ou vos arbitrages, tout en continuant ardemment à vous convaincre que certaines des nôtres peuvent l’être aussi. »