Réorienter les politiques culturelles publiques

Publié le dans Actualités campagne, Billets thématiques

Un engagement prioritaire

« …Les droits culturels sont à l’égal des autres droits de l’homme une expression et une exigence de la dignité humaine. »

Les droits culturelsDéclaration de Fribourg – Mai 2007 1

Face à l’évolution des pratiques culturelles et artistiques, véritable enjeu de lien social, il est aujourd’hui indispensable de penser autrement les politiques culturelles. Elles sont à réinventer pour affirmer leur caractère prioritaire dans toute politique publique.

Dans les années 1960, il s’agissait de « rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité ». Héritée du siècle dernier, cette ambition s’est peu à peu déconnectée des attentes et des usages, assimilant peu à peu la culture à un bien de consommation.

Or la culture ne peut pas être réduite à cet aspect gestionnaire. Elle est le socle commun, un des fondements sur lesquels s’écrit notre histoire et se dessine notre futur.

 » Le terme « culture » recouvre les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité et les significations qu’il donne à son existence et à son développement. « 

Art. 2 – Déclaration de Fribourg

Le Département s’appuiera sur ces valeurs et ces fondements culturels, loin de la seule logique « d’accès à la culture ».

Le respect de l’altérité est une base intangible : le Département doit en être le moteur. Il accompagnera les initiatives culturelles et artistiques dans ce sens.

Le Rassemblement des citoyens adopte la définition des droits culturels

Sur cette base, les actions menées s’appuieront sur les principes suivants :

  • La culture assure le développement des individus et des groupes. Elle favorise la dignité de chacun, base de la vie en société.
  • La culture n’est pas hiérarchique, elle se fonde au contraire sur la diversité, l’expression et l’origine des citoyens.
  • Toutes les cultures sont légitimes. Les reconnaitre, c’est favoriser la naissance de nouvelles expressions et d’une culture commune fondée sur le métissage, l’échange et la confrontation.
  • Le développement des cultures nécessite la coopération entre tous les citoyens et avec les acteurs concernés, dans les territoires où ils vivent.

Dans ce sens, nos priorités pour l’action publique du Département en faveur de la culture seront de :

  • Soutenir la diversité culturelle, accompagner la pluralité des projets artistiques, professionnels aussi bien qu’amateurs.
  • Encourager les coopérations entre les différentes expressions culturelles, favoriser les échanges, la confrontation et le dialogue.
  • Lutter contre l’isolement communautariste, source de fractures sur les territoires.

Les actions proposées par le rassemblement des citoyens au département

  • État des lieux et objectifs. Établir un état des lieux de ce qui existe sur le territoire. Associer à cette démarche les acteurs culturels, les citoyens, les associations, les institutions… Ce travail permettra de dégager des lignes de force et de faiblesses pour impulser des réponses concrètes, des thématiques fédératives et des objectifs adaptés, à atteindre à moyen et à long terme.
  • Lien avec le territoire. Soutenir les projets artistiques, culturels, patrimoniaux, réalisés en lien avec le territoire et la diversité de ses habitants. Redéfinir les responsabilités et les missions des organismes conventionnés pour inciter les lieux de culture (théâtres, musées, bibliothèques, réseau de lecture publique, archives…) à associer les citoyens à l’élaboration des actions culturelles. Valoriser le patrimoine matériel et immatériel pour souligner le potentiel historique de l’Isère (histoires de territoires, d’immigrations, de colonisations, de sports, de sciences…) et le considérer comme un élément de construction de l’identité personnelle et collective.
  • Éducation artistique. Repenser l’éducation culturelle et artistique comme des parcours d’identité culturelle (et non plus seulement comme des enseignements disciplinaires). Faciliter et développer l’accès à la pratique pour le plus grand nombre. Conforter les passerelles entre les organismes éducatifs et les espaces de pratiques (Éducation Nationale, Universités, MJC, Conservatoire, ESAD, écoles de musiques, de danse, de cirque…).
  • Espace public Favoriser les interventions artistiques et culturelles dans les projets urbains. Soutenir les projets artistiques dans l’espace public, dans les quartiers et au plus près des lieux de vie, qui mêlent les habitants et les identités culturelles. Faciliter la circulation des habitants et des projets artistiques. Valoriser les initiatives « hors les murs » des institutions culturelles.
  • Coopération, transversalité. Favoriser les synergies entre les divers acteurs présents sur le territoire (institutions, associations culturelles, équipes) pour s’inscrire dans des logiques de collaboration, pour cultiver les échanges et les dynamiques transversales. Sortir des logiques sectorielles (discipline, fonction, catégorie d’acteurs…) et pointer des perspectives communes. Articuler la politique culturelle avec d’autres problématiques : économie, éducation, aménagement urbain, développement social, enseignement supérieur.
  • Création, innovation. Favoriser l’expérimentation, y compris dans les institutions. Favoriser l’accès aux infrastructures les plus diverses et élargir la palette des outils (mise à disposition de locaux et d’espaces de résidence, investissement de lieux non dédiés, accompagnement des espaces laboratoires et des lieux de fabrique, soutien aux résidences artistiques au collège, aux partenariats de quartier avec les centres sociaux, les structures pour la petite enfance, les personnes âgées…). S’appuyer sur le numérique comme outil de réactivation de la démocratie culturelle et comme accélérateur de la créativité, où chacun est à la fois spectateur, acteur, créateur, producteur et contributeur de savoirs.
  • Participation. Inciter à créer des modes de participation adaptés à chaque projet. Aider à concevoir dans les institutions des modalités de représentation citoyenne qui ne se réduit pas seulement aux usagers. Promouvoir des démarches d’évaluation et de prospective dans des espaces de concertation, avec mise en débat des projets, de leur finalité et de leurs méthodes.
  • Intérêt général. œuvrer au rééquilibrage des financements de la culture en dépit du contexte contraint : pour que les politiques culturelles puissent contribuer à élever l’indice de développement humain, le sens et les valeurs de l’action publique doivent être conçues au service de la population toute entière. Contribuer à assurer l’égal accès des hommes et des femmes aux moyens publics, aux postes à responsabilités, aux programmations.
1 Le texte de la Déclaration de Fribourg est téléchargeable ici:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *