Pour une révision urgente de la politique de gestion du loup

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« Loup et pastoralisme » : le Ministre Hulot doit transformer une prise de position ambitieuse en des actions concrètes sur les territoires.

Les élus écologistes tiennent à réagir à la position exprimée sur le « dossier Loup » par le Ministre de la Transition Ecologique dans un entretien au Dauphiné Libéré (22 juin 2017). Nous saluons la position claire du Ministre relative au caractère protégé de l’espèce vue sa contribution indiscutable à la biodiversité et la nécessité d’une politique plus volontariste pour défendre la filière ovine aujourd’hui très fragilisée, notamment par la présence du prédateur.

Nous comprenons les difficultés et la colère des éleveurs/bergers et réitérons notre soutien à la filière ovine. A cet égard, on ne peut que regretter l’annulation des rencontres entre éleveurs du Trièves et services de l’Etat, qui étaient prévues en mai 2017 pour préparer la sortie des troupeaux et la remontée aux estives. Il est urgent que l’Etat récrée ces espaces d’étude, de concertation et de décision opérationnelle avec les acteurs concernés et ré-entreprenne un travail de communication en direction des élus locaux.

Jusqu’à maintenant, la politique de gestion du loup s’est trop souvent limitée à une approche strictement comptable avec un quota annuel de prélèvements, sans que ces abattages indiscriminés n’aient montré leur efficacité. L’augmentation de la population de loups et leur extension sur le territoire sont incontestables. Au-delà des polémiques sur les estimations, la tendance observée récemment impose une révision urgente de la politique de gestion du loup.

Le recul de la prédation est bien l’objectif pour la survie de la filière ovine mais doit être découplé du recul indifférencié de la population, prôné aujourd’hui par certains acteurs. Une éventuelle augmentation des prélèvements doit rester sous contrôle de l’administration et être couplée au suivi de la population de loups et des attaques. Cela nécessite la mise en place de moyens nouveaux : renforts d’équipes de super gardes ONCFS, moyens de détection et d’identification (caméras infrarouge, pièges photos, technologie ADN…), d’effarouchement et de prélèvement plus efficaces et ciblés… Innovation, modernisation vont de pair avec une mutualisation plus poussée des recherches et un rapprochement des scientifiques.

La régulation ne peut cependant être la seule solution mais seulement un élément intégré à un panel d’actions. Il faut continuer à soutenir, comme le défend le Ministre, les moyens de protection mis en place et leur accompagnement ainsi que leur amélioration par valorisation des retours d’expérience. L’accompagnement humain (meilleure prise en charge publique et formation des aides bergers, recours au volontariat bénévole) doit aussi continuer à être développé.

Les difficultés de la filière ne sont malheureusement pas le seul fait de la présence du loup. Il faut continuer sans relâche le travail d’éducation populaire auprès des consommateurs et le montage de circuits de vente courts, locaux, avec un label qualité, plus rémunérateurs pour les éleveurs.

La position politique aujourd’hui portée par le Ministre nous semble appropriée. Il faut qu’elle soit déclinée de toute urgence sur les territoires impactés en concertation avec les acteurs locaux pour faire des diagnostics pertinents et en donnant des moyens financiers et humains adaptés. Il en va de l’avenir de la biodiversité alpine et de la sauvegarde de la filière ovine. Les élus écologistes Isérois sont demandeurs de participer à cette tâche collective.

Communiqué co-signé par le groupe RC-CE Isère et Pierre Mériaux élu à la ville de Grenoble en charge du Tourisme et de la Montagne