Saturation des collèges Grenoblois d’ici 2025 : le département doit s’engager plus clairement

Publié le dans Positions, Positions-Education, jeunesse et sport

Lundi 19 septembre 2016, nous étions convoqués à la première réunion de travail sur la question des collèges grenoblois.

  • Une forte augmentation du nombre de collégiens

Entre 2016 et 2025, dans les neuf collèges de la ville (y compris collège des Saules, Cité Scolaire Internationale exclue), le nombre de collégiens grenoblois devrait passer de 4500 à une valeur comprise entre 5300 et 6000 suivant le degré de réalisation des projets d’urbanisme. Ce constat est aujourd’hui partagé par tous les acteurs de l’éducation.

  • Une capacité théorique en débat

Aujourd’hui, la capacité maximale des neuf collèges est estimée à 5600 élèves mais l’Inspection d’Académie et les services du Département considèrent que cette capacité est en fait de 6300 élèves. Certains collèges voient ainsi leur capacité théorique augmenter de 100 (Champollion), 130 (Stendhal, Munch), 220 élèves (Fantin Latour). Si l’optimisation des locaux actuels est défendable pour éviter les gaspillages d’argent public, il est regrettable que le référentiel utilisé pour calculer ces nouvelles capacités ne prenne pas en compte des éléments cruciaux : surface des cours des collèges, disponibilité d’équipements sportifs à proximité… Il est également regrettable de ne pas avoir consulté ceux qui connaissent le mieux les collèges (équipes de direction, professeurs, parents d’élèves) sur cette nouvelle estimation.

Il nous a cependant été affirmé que, ni le Département, ni l’Inspection d’Académie ne souhaitent arriver à cette capacité théorique maximale pour le bon fonctionnement des établissements. Tout comme il nous a été dit qu’il n’est pas raisonnable de chercher à remplir au maximum des collèges classés en Réseau d’Education Prioritaire (REP) et aujourd’hui en sous-effectif chronique (Lucie Aubrac  de capacité théorique 700 élèves, aujourd’hui rempli à 50% ; le collège Olympique, de capacité 600 élèves, rempli aujourd’hui à 60%). Mais à aucun moment, il n’a été possible de connaitre la capacité optimale (et non maximale) pour ces collèges classés en REP ou pour ceux dont la capacité a été fortement augmentée du jour au lendemain.

Au vu de ces promesses de modération jamais réellement quantifiées, la marge de 300 places sur la ville de Grenoble n’est donc plus d’actualité. Cela est très problématique car c’est l’unique argument du Président Barbier pour justifier son refus catégorique d’envisager la construction d’un nouveau collège à Grenoble ou de modifier le statut de la Cité Scolaire Internationale.

  • Une concertation à venir

La concertation annoncée par le Président Barbier en décembre 2015 devrait débuter d’ici quelques mois. Nous saluons ce processus, qui associe les fédérations de parents d’élèves et les conseillers départementaux des cantons concernés. Deux axes de travail ont été annoncés : une révision de la carte scolaire et le renforcement de la mixité sociale.

Pour ce qui est de la carte scolaire, nous considérons qu’une optimisation est envisageable, en y intégrant éventuellement des collèges proches (Saint Martin le Vinoux, Saint Martin d’Hères), à condition de garder des établissements de taille raisonnable et de garder à l’esprit la notion de proximité (notion qui peut aller jusqu’à proposer un collège à 2-3 arrêts de tram de son domicile).

La défense de la mixité sociale est également une valeur apparemment partagée par tous. il faut accentuer le soutien aux collèges classés REP ou REP+, comme le collège Lucie Aubrac qui, grâce notamment au travail de l’équipe pédagogique et la mise en place de sections dédiées (théâtre, science), œuvre avec détermination pour créer et pérenniser une dynamique de réussite scolaire. Mais il faut également poser clairement la question du statut de la Cité Scolaire Internationale, l’établissement le plus étranger à la notion de mixité sociale (on peut d’ailleurs déplorer que le Département ait renouvelé récemment sans aucun débat sa convention avec l’American School of Grenoble. Depuis des années, cette école privée hors contrat où la scolarité coute 4100 € par an occupe ainsi quasi gratuitement des locaux payés par le contribuable isérois.) Malheureusement, en interdisant tout débat sur la base d’arguments numériques aujourd’hui remis en cause, l’exécutif départemental se prive de leviers d’action et biaise singulièrement la concertation à venir. Cela est aussi vrai pour le refus de construction d’un nouveau collège à Grenoble

Considérant que la concertation à venir est une démarche positive mise en place par le Département, nous y participerons. Elle ne pourra cependant être réellement partagée que si :

  • Les capacités théoriques maximales des collèges (y compris ceux en REP) sont clairement partagées par tous les acteurs et non pas sur la seule base d’un référentiel incomplet ;
  • Au vu de ces capacités théoriques réellement partagées, le Département ne s’empêche pas de revenir sur ses décisions arbitraires relatives au statut de la Cité Scolaire internationale ou la construction d’un nouveau collège, puisque ces décisions ont été prises sur la base de chiffres aujourd’hui désavoués.

Sans cela, il y a fort à craindre que cette concertation ne soit totalement verrouillée et ne permette pas d’aboutir à une situation satisfaisante pour les collégiens grenoblois.