Vote du budget 2015, chapitres « Cohésion sociale » et « Solidarités »

Publié le dans Positions, Positions-Action sociale

Ce budget primitif est un véritable désengagement du département en matière d’action sociale et de solidarité.
En effet, alors que la précarité augmente, que le nombre de chômeurs, d’allocataires du RSA se multiplient, le département fait le choix de diminuer les moyens destinés aux structures qui viennent en soutien aux personnes et aux familles qui en ont le plus besoin et qui permettent de se former, de s’insérer dans le monde professionnel, de retrouver des repères et une capacité à exercer pleinement sa citoyenneté.
La vocation du département est d’assurer une protection aux plus fragiles, sa mission est d’abord d’intervenir pour soutenir, aider, protéger : or, les coupes budgétaires dans les opérations censées assurer cette mission démontre une contradiction indépassable.
Au-delà d’un bouclier social, la puissance publique qu’est le département a le devoir d’initier des démarches volontaristes qui contribueront à créer les conditions d’émancipation pour sortir du chômage, de la pauvreté, de l’isolement, de la marginalisation. Il est certes nécessaire et louable de vouloir repenser et restructurer les politiques publiques pour gagner en efficacité mais quand c’est la volonté de réduire les budgets qui commande les réformes, celles-ci manquent inévitablement d’envergure et de souffle. La volonté marquée et louable de créer du dynamisme dans le domaine économique devrait se retrouver dans l’action sociale.
4 points importants pour étayer le propos :
• Le prétendu « soutien au fonctionnement des missions locales qui assurent l’accueil, l’information, l’orientation et le suivi des jeunes » est en réalité une division par 2 du budget destiné aux missions locales ! Cela se traduira immanquablement par une fragilisation de l’action en direction des jeunes et le renforcement des difficultés pour les jeunes à progresser dans leur démarche d’insertion, sans parler des emplois perdus pour les missions locales : encore une fois, nous avons souligné qu’à prétendre vouloir créer de l’emploi, le département tend à le supprimer quand il existe.
• Pour la prévention spécialisée, quel diagnostic, quelle évaluation justifie cette baisse de 10% pour une action singulière et nécessaire car elle permet d’être sur le terrain et de garder un lien avec des publics en rupture avec les institutions.
Puis, en ce qui concerne le RSA, ce budget primitif met l’accent sur le contrôle des allocataires et l’incitation à la réciprocité. Tel qu’il est présenté, rien ne garantit que ce dispositif de contrôle rapporte plus au département qu’il ne lui coûte ; en effet, on ne sait pas encore à combien s’élève la fraude au RSA. Il aurait peut- être été plus prudent, plus sage d’évaluer d’abord le coût de la fraude avant d’engager des dépenses dont on ne sait pas si elles seront vraiment inférieures au gain escompté. Quant à l’absence supposée d’implication citoyenne des allocataires RSA, il serait bon de revenir à la réalité et de reconnaître leur contribution à la solidarité, et qui se traduit notamment en termes d’hébergement, d’alimentation, de garde d’enfant, d’engagement associatif : autant d’éléments qui coûteraient très cher à la puissance publique si elle devait les assumer.
Enfin, la suppression complète des crédits spécifiques « politique de la ville ». Les quartiers prioritaires sont ceux qui concentrent les plus grandes difficultés (taux de chômage les plus élevés, logements les plus dégradés, éducation et formation les moins performantes …) et c’est à eux que l’on supprime l’intervention du département, que l’on met en péril l’action des associations de terrain qui contribuent à mailler le tissu social, alors même qu’il existe dans ces quartiers un potentiel d’avenir, un vivier de jeunesse et de vitalité, force vive de la nation.
La vocation du département est d’aider les plus fragiles, les populations les plus précaires or ce budget laisse apparaître que le département ne se donne pas les moyens d’assurer véritablement cette mission, que ce soit celle de protection, ou celle d’impulsion et de levier de dynamisme.